nov
9
Éteindre la lumière
Couper le son.
Refermer les barrières
De la raison.
Partir au loin du monde
Souffler la flamme.
Voguer parmi les ondes
Noyer son âme.
Flotter à la dérive
Perdre les sens.
Là où plus rien n’arrive
Et tout commence.
Oublier la douleur
Changer les clefs.
Renoncer à la peur
Et s’en aller.
Par Nemetañ.
nov
3
Superbe musique de Kirill Pokrovsky, OST de Divinity II, qui je trouve s’accorde à ce poème…
Ombre de pierre,
Tu étends tes ailes
Hurlant au ciel
Le feu de tes prières
Majestueux, mais oublié
La poussière de nos rêves
Au plus profond de nos âmes
T’as emporté
Au loin, ô lointain ennemi
Je t’admire et te crains
Chimère formidable
S’envolant vers ces cris
Promesse de matins
Ceints de pourpres fatals
Tu es, inaltérable
Le messager du passé
Alors la terre était jeune
Et libre au dessus d’elle, tu allais
Dragon,
Sombre mais magnifique
Je te vois, s’effaçant sous l’horizon rouge
Emportant tes secrets.
Par Nemetañ.
mar
15
Je suis triste,
D’être oubliée
Sur l’quai d’la gare
Comme un paquet.
Départ nulle-part
Versus complice.
Je me demande,
Pourquoi cette foule
Roulant d’un pas digne
Point ne s’écroule
Dans l’air anonyme
De la ville-grande?
J’aurais voulu
Le temps d’le dire,
Oublier l’oubli
Choisir d’en rire
Plutôt qu’un cri,
Sans vœu ni vue.
Ni rime ni raison
De l’homme éteint
Cœur en vacances
Humour de chien.
Quand faute de sens
On coupe le son.
Je pose mes mots,
Sur un banc public
Et pèse ma peine
Dans un miroir chic.
Ordinaire de scène?
Peu ne me chaut.
Mais non-réponse.
La clique à claques
Raye mon choix
Tracé de cartes
Sans foi ni loi.
Je révérence.
Par Nemetañ.
mar
3
Madame la nuit, il paraît que vous êtes de bon conseil, aussi je décide de m’adresser à vous. Voyez-vous, j’ai quelques questions dont je n’arrive pas à trouver le début d’un poil de réponse.
Que faire à la croisée des chemins, quand il faut abandonner sa valise pleine d’un passé douloureux, pour regarder vers l’avenir, un avenir si incertain qu’on se demande si il ne faudrait pas mieux rebrousser chemin et ranger sa vieille valise sous son lit? Que faire quand la peur des jours qui viendront est au moins aussi grande que celle des jours révolus?
Madame la nuit, je suis vraiment perdue, et nuit après nuit, le sommeil me fuit, oiseau rieur se dérobant à mon repos. Votre lune est très belle, parfois j’aimerais prendre un parapluie et aller lui rendre visite, je suis sûre que Mary Poppins ne m’en voudrait pas tant que ça, non?
Croyez-vous, Madame la nuit, que ce sont nos rêves qui nous poussent à construire notre vie? Je ne dors plus depuis si longtemps, je crois que j’ai oublié mes rêves aussi. M’autorisez-vous à faire un voeu? J’aimerais que la petite fille, sur cette grande route froide, accepte de grandir, et qu’elle se rêve enfin une vie, pour commencer à vivre son rêve…
… Faites de beaux rêves, Madame la nuit.
Par Nemetañ.
fév
18

La Vallée Des Fleurs, réalisé par Nan Palin.
C’est une histoire vieille comme le monde. Lorsque deux êtres sont appelés à s’aimer envers et contre tout, par delà l’espace et le temps.
C’est l’histoire de Jalin, la flamme, et d’Ushna, le feu. C’est l’histoire de deux vies, condamnées à errer, deux âmes qui se cherchent et se frôlent. C’est l’histoire d’une fugitive, qui tente d’échapper à son destin, inéluctable.
Porté par des décors grandioses et une musique envoûtante, des acteurs au magnétisme troublant (en particulier la belle Mylène Jampanoi), laissez vous emporter vers la vallée des fleurs, ce lieu mystérieux où l’océan rejoint la terre, sous les caresses du vent.
Par Nemetañ.
fév
14
C’est sur une page blanche que s’écrivent les regrets. Regrets d’avoir aimé, d’avoir cru… En une ombre parmi d’autres. Frête feuille de papier, pour simplement cesser de se mentir, et oublier qu’un jour, un être fut au centre de sa vie. Lorsque les promesses d’étoiles s’éteignent tristement, perdues dans la morne grisaille de l’existence. Une feuille de papier, fragile, éphémère, à l’image de ce qu’elle protège. Une étincelle brève, dans l’océan de nos nuits.
Regrets. Avoir cru que toujours il serait là à nos côtés, quand l’amour serait parti. Regrets d’avoir pleuré, solitaire, quand quelques mots auraient pu tout changer. Regrets pour toute cette souffrance, indicible, muette, glacée. Tant et tant de regrets, prisonniers, faute de quelqu’un pour les écouter. Regrets d’écorner le souvenir, de salir la beauté, pour ne plus goûter que l’amertume.
Regrets et déception. Tristesse. Lentement recouverte de poussière. Blessure. Qu’il faudra dompter. Encore une fois.
Par Nemetañ.
fév
13
Tristesse ocre
Se pose en mon cœur
Poussière de savane
Enterre mes pleurs
Tristesse rouge
S’envole vers le ciel
Folles arabesques
Se perdent, frêles contours
Tristesse noire
Recouvre de sa nuit
La pluie de mes minuits
Dans l’air du soir
Tristesse animale
Fière et seule
Déploie sa verve et feule
Notes automnales
Tristesse insaisissable
Lentement serre mon âme
Dans les filets de sable
Coulant sur cette femme
Tristesse, ô tristesse
Belle mais insondable
Habille de ses caresses
Nos rêves indomptables
Ainsi s’en vont
Chimères, douces illusions
S’effaçant dans le silence
D’une nuit sans sa présence
Ainsi l’absence
Étrangère, fait sa loi
Détruit la foi
Au-delà des sens
Simple goutte
Dans l’océan de mes douleurs
Intime la déroute
Au secret de mes peurs
Tristesse, présence fugace
Sombre nymphe
Éclaire de son néant
Cette existence qui passe
Quelques mots
Arrachés au chaos
Pour dire que j’ai mal
Malgré ma bonne étoile
Ainsi s’éteignent mes pensées
Aussi froides que l’hiver
Ainsi déclinent mes rêves
Notes au goût amer
Tristesse,
Dernier pas avant l’abandon
Du corps à la terre
De l’âme vers l’horizon
Du cœur sous la mer
Ainsi vivra la mémoire
De nos fugaces espoirs.
Par Nemetañ.